Travailler l'expression pour faire des épouvantails

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Travailler l'expression pour faire des épouvantails

Nous organisons des ateliers de langage sur la base d'activités scientifiques. Je souhaite travailler sur le schéma corporel en trois séances avec des CP CE1. L'objectif est de faire connaître le vocabulaire du corps et celui du visage, avec ses diverses expressions : gai /triste, énervé/calme... Les élèves devront aboutir à une représentation d'un bonhomme ayant une expression marquée dans le but de construire ultérieurement des épouvantails pour le jardin de l'école. Avez-vous une idée de progression sur trois séances avec des activités ?

Pour introduire la séquence, le jeu du miroir, couramment pratiqué, est une activité de sensibilisation en expression corporelle qui conviendrait à mon avis. Elle donne de la matière dans le domaine de la langue et aussi des sciences. La séance consiste à laisser les élèves sexprimer avec leur corps, tenant tour à tour deux rôles : « Je suis acteur » puis « Je suis ton image ». Deux par deux, face à face, les enfants sobservent. Cest un mime avec ou sans accompagnement (musique ou récit). Un élève conduit, l'autre suit. Le guide et le suiveur sont synchrones comme pour une danse. Si les postures et les mimiques sont bien contrôlées, et particulièrement avec les effets du "mouvement ralenti", cette séance est une base riche pour la suite. Sur un signal, les binômes se forment autrement, la découverte reprend et ainsi lexpérience se poursuit. Les expressions, les gestes ne sont jamais identiques et cest tout lintérêt. Lactivité est filmée ou photographiée ou simplement dessinée à la suite. Les mouvements, les parties du corps, des interprétations sont exprimés sous forme de légendes et commentaires. Si quelques élèves ont eu l'idée d'une composition, du jeu théâtral, du changement dexpression, le but est atteint.
La deuxième séance commence par l'analyse des réactions produites à la suite de la première séance. Lenregistrement ou les dessins légendés servent de support. Des comparaisons se font entre ce qui sest passé dans un binôme puis dans un autre recomposé. Cest une situation déchanges qui est menée par lenseignant et qui peut se compléter par une prise de notes au tableau ou un enregistrement audio. Des questions ouvertes sont posées comme : « De quelle manière avez-vous communiqué entre vous ? » « Comment avez-vous deviné ce que votre camarade voulait exprimer ? » « Quelles sont les parties du visage que vous contrôlez pour marquer une expression ? » « Comment accentuer, forcer une expression ? » « Pouvez-vous décrire une posture en donnant les noms des parties du corps ? »
Avec lexemple gai / triste puis énervé / calme, les élèves indiquent les parties du corps concernées puis leurs mouvements pour passer dune expression à une autre. Lenseignant peut demander si lexpression du visage suffit ou si la posture du corps entier apporte plus de lisibilité. Pour enrichir cette deuxième séance les élèves peuvent devenir des « chasseurs dimages » dans des albums, des programmes culturels (théâtre, cinéma, télévision), des BD, des catalogues divers (et si cest possible avec des projections de diapos ou des visites de sites Internet pour y voir des séries de portraits, de statues ou encore les acteurs d'un carnaval comme à Venise ou à Brasilia). Peuvent suivre des tris ou bien le choix de quelques images seulement. Les documents observés sont décrits de façon détaillée et précise: les parties du corps, les positions, les directions, puis les sentiments exprimés.
La troisième séance pourrait être celle du projet de fabrication avec la réalisation de croquis, dune maquette, avec des collages, des assemblages accompagnés de titres, de légendes et de textes. Des idées dexpériences pourraient suivre comme lutilisation de scotch pour les doigts, dattelles pour les membres, de maquillage, de masques, de perruques, de coiffes puis de costumes et pourquoi pas la réalisation de photos pour les traces de lactivité.
Bon courage
Claudine Schaub